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Le géodécisionnel, un "buzz word" ? Pour commencer, levons trois ambiguïtés : 1- Le géodécisionnel n'existait pas avant l'invention des dispositifs de cartographie numérique. VRAI et FAUX... Si le concept de géodécisionnel existait forcément dès l'apparition des premières cartes, comme celles trouvées en 2000 av. JC dans les grottes de Belinda (Italie) ou plus récemment chez les Romains avec les tables de Peutinger, il est plus ou moins admis que ce néologisme ne concerne que l'époque contemporaine avec la cartographie numérique. Néanmoins, rien ne nous empêcherait d'utiliser maintenant le terme de néogéodécisionnel pour faire la différence... De plus, a-t-on nécessairement besoin d'une carte matérielle pour employer le mot de géodécisionnel ? A mon avis non, les cartes mentales et autres "dispositifs" spatiaux tels que ceux utilisés par les Inuits intègrent parfaitement cette notion de géodécisionnel. L'approche cognitive est toujours d'actualité. Vous trouverez un exemple dans la rubrique "Espace de bataille". 2- Le géodécisionnel définit la convergence des outils de Business Intelligence (Informatique décisionnelle) avec des applications capables de gérer l’aspect spatial des données. Cela signifie donc que le géodécisionnel ne concerne que le monde des affaires. FAUX. Partons de l'idée générale... Le géodécisionnel prône la prise en compte du « facteur » spatial dans les analyses des données d’affaire et permet ainsi de révéler les relations spatiales et les modèles qui seraient indétectables avec des applications traditionnelles telles que les ERP/PGI ou tout simplement les tableurs comme Excel ! En couplant les analyses spatiales avec le BI lors des processus d’aide à la décision, nous augmenterons la performance du management de l’organisation. Soit ! Mais pourquoi se limiter au business ! L'aide à la décision ne concerne pas que le marketing, la cartographie n'est pas réalisée uniquement avec des données socio-démo-économiques et finalement, cette définition est beaucoup trop techno-centrée. 3- Le géodécisionnel ne concerne que les managers du niveau le plus haut. FAUX. La démocratisation de la cartographie numérique (google maps en est un bon exemple) permet à n'importe quel manager de bénéficier de l'aide à la décision en incluant des données spatiales. Les technologies Web Flex sont, là aussi, de bons exemples qui donnent des capacités géodécisionnelles à toute la ligne hiérarchique (démonstration de cartographie Flex). Enfin, une application telle que Places ou Foursquare permet aussi, à sa manière, d'aider à décision (pour l'opérateur uniquement mais aussi dans une optique collaborative via les réseaux géosociaux). Au final, je vous propose la définition suivante du géodécisionnel : Le géodécisionnel désigne les usages, méthodes et outils rendus disponibles aux gestionnaires grâce à la néogéographie, c’est-à-dire à la géographie numérique, interactive, collaborative et intégrée aux Systèmes d’Information des organisations. En d’autres termes, le géodécisionnel donne de nouvelles opportunités aux gestionnaires et managers grâce à la prise en compte du facteur spatial dans leurs analyses, et ce, quel que soit la discipline, le niveau hiérarchique ou la thématique traitée : business, environnement, défense, etc. Ce terme est donc bien plus qu’un mot à la mode puisqu’il identifie de nouvelles possibilités d’analyse pour les décideurs. Il met en exergue concrètement le lien fort existant entre la géographie et le management et nous extrait de facto d'une vision trop technologique de cette synergie…
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